Orgues MOUSSAN
« Faire découvrir et aimer la Musique et particulièrement celle d’Orgue »
Ranquette....... : TUYAUTERIE. Jeu d’anches, à corps court, à l’harmonie assez douce, souvent employé dans les orgues germaniques.
Rasette............. : TUYAUTERIE. La rasette est une tige d’acier mobile, implantée dans le pied d’un tuyau à anche, destinée à permettre l’accord du tuyau. A l’intérieur du pied, elle prend une forme recourbée et s’appuie sur la languette. A l’extérieur, elle est approximativement droite, à l’exception de son extrémité supérieure, en épingle à cheveu (pour permettre l’utilisation de l’accordoir). Si on tire la rasette vers le haut, la longueur vibrante de la languette, à l’intérieur du pied, est rallongée, et le son est plus grave. Si on la repousse vers le bas, la longueur vibrante de la languette est raccourcie, et le son est plus aigu.
Rauchspfeiffe : TUYAUTERIE. Jeu de mutation composée, de la famille des principaux, mais de taille légèrement supérieure aux pleins-jeux. Elle se compose uniquement d’octaves et de quintes, le plus souvent sans reprise. Elle amplifie le Plenum. La Rauchsflöte est un Rauchspfeiffe plus flûté, construit avec des tailles plus larges.
Récit................. : 1°) CLAVIER. Nom donné à l’un des claviers et des plans sonores de l’orgue. Originellement, il s’agissait d’un dessus d’Ut 3 (ou, plus tard, de Fa 2), destiné à faire parler des jeux solistes – Cornet, Trompette ou Hautbois. Son sommier et sa tuyauterie étaient placés à l’arrière de la Montre du Grand Orgue, approximativement à mi-hauteur, pour lui permettre de bien sonner. A l’époque romantique, ce plan sonore a été étoffé et le plus souvent, sa tuyauterie a été placée dans une boîte expressive et, dans les petits instruments, a supplanté le Positif. Il est parfois devenu une sorte de deuxième Grand Orgue, expressif. Il est – dans les instruments à trois claviers ou plus – généralement placé en troisième ou en quatrième position, à partir du bas.
..................................... 2°) LITTÉRATURE. Nom donné – surtout à l’époque classique ou baroque – à certaines pièces destinées à faire chanter un jeu soliste sur un accompagnement doux – le jeu soliste ne relevant d’ailleurs pas obligatoirement du plan sonore homonyme.
Recoupe.......... : TUYAUTERIE. Arrêt d’un rang de mutation composée, suivi de l’entrée d’un nouveau rang, à un niveau inférieur.
Régale.............. : 1°) TUYAUTERIE. Jeu d’anche à corps court, qui peut être construit d’une grande variété de manières. Dans les orgues portatifs ou les Positifs de table, la régale, en raison de son faible encombrement, constituait la base sonore de 8’ d’un instrument autrement fondé sur le 4’, servant tout à la fois de jeu d’anche et de son fondamental.
..................................... 2°) INSTRUMENT. Nom d’un petit instrument, transportable, composé d’un clavier mettant en branle un unique jeu à corps très court. Certains de ces instruments, démontables étaient rangés dans des coffrets simulant un gros livre, d’où leur nom de Bibelregal.
Registration... : 1°) LITTÉRATURE. La registration est constituée par les indications qu’un compositeur donne en ce qui concerne les registres qu’il entend voir utiliser pour l’interprétation de sa pièce. L’habitude d’indiquer les registrations remonte essentiellement au XIXe siècle, quoiqu’il faille admettre qu’en France, du moins, le titre donné à certaines pièces correspondait à des registrations globalement assez fixées.
..................................... 2°) TECHNIQUE. La registration est l’art qu’a un organiste de mélanger les registres pour l’interprétation d’une œuvre.
Registre........... : 1°) MÉCANIQUE. Sur le sommier, le registre – ou plus précisément, le registre coulissant – est une réglette percée de trous correspondant à ceux de la table et de la gravure, qui coulisse afin soit de les mettre en correspondance, soit au contraire, de les occulter. C’est ainsi que sont choisis les jeux utilisés ou non. Le registre est mû par les tirants, les boutons ou les dominos de registres, à la console
..................................... 2°) CONSOLE. Dans le langage courant, les organistes parlent de registres, ou de jeux, pour désigner les boutons ou les tirants situés de part et d’autre et au-dessus des claviers, qui leur permettent de sélectionner les jeux utilisés.
..................................... 3°) MUSIQUE. Ce terme désigne une partie de l’étendue d’un jeu d’orgue. Dans la littérature classique, on distinguait généralement le registre de Basse, celui de Taille (Ténor) et celui de Dessus, pour les jeux d’anches solistes, pour les jeux de Tierce ou pour le Cornet (uniquement en dessus, pour ce dernier).
Reprise............ : TUYAUTERIE. Ce terme s’applique à la suite de notes d’un nouveau rang jusqu’à la prochaine recoupe. Par extension, de manière abusive, ce mot est souvent employé en lieu et place de «recoupe».
Résonance...... : PLAN SONORE. Nom donné à un plan sonore de certains orgues correspondant à la fois à un clavier manuel et à la Pédale, qui fonctionne en tirasse permanente de ce clavier. Le clavier de Résonance le plus célèbre est le troisième clavier manuel de l’orgue Jean-Esprit ISNARD (1772 - 1773) de la Basilique de Saint-Maximin-la-Sainte-Beaume.
Rigole............... : TUYAUTERIE. Partie de l’anche. Contenu dans le pied du tuyau, il s’agit d’un canal construit soit en métal soit en bois dur, contre lequel vient battre la languette, et qui est en correspondance, dans sa partie supérieure, avec le corps sonore du tuyau.
Ripieno............ : TUYAUTERIE & REGISTRATION. Le Ripieno est l’équivalent italien du Plein-jeu, dans lequel chaque rang est individuellement séparé sur un registre (sauf parfois les rangs les plus aigus, regroupés par deux), nommé par l’intervalle le séparant de la fondamentale (Quintadecima, Decinovena, Vigesima seconda, Vigesima sesta, Vigesima nona, Trigesima terza et Trigesima sesta).
Originellement, à l’époque des Antegnati et de Frescobaldi, d’une part le plafond était le 1/8 de pied (soit l’Ut 5 sur 2’). Lorsqu’un rang atteignait cette hauteur, il était repris. Les Octaves reprenaient sur les Ut #, les Quintes sur les Fa #. Aux troisième, quatrième et cinquième recoupe, le rang le plus aigu disparaissait, donnant un système à nombre de rangs décroissant : en comptant les principaux 8’, 4’, 2’, de Ut 1 à Ut 3, le Ripieno classique compte 9 rangs de tuyaux, d’Ut # 3 à Fa 3, 8 rangs, de Fa # 3 à Ut 4, 7 rangs, d’Ut # 4 à Ut 5, 6 rangs. Ainsi, l’aigu résultant de 8’ (8’ + 4’ + 2 2/3’ + 2 2/3’ + 2’ + 2’) était relativement discret.
Par la suite, on conserva un nombre constant de rangs sans que, grosso modo, ne soit remise en cause la reprise au plafond, mais ceci modifia assez substantiellement le caractère du Ripieno.
Le choix de ne tirer qu’une partie du Ripieno porte le nom de Mezzo-Ripieno.
Rossignol........ : ACCESSOIRE. Petit récipient rempli d’eau dans lequel vient tremper l’extrémité d’un ou de plusieurs tuyaux métalliques. Lorsque l’air est insufflé dans ces tuyaux, il en résulte un roucoulement proche de chant de l’oiseau éponyme. Contenu dans le soubassement d’orgues anciennes, cet accessoire inspiré des petits instruments populaires traditionnels – encore en usage en Provence - était très prisé.
SSalicional........ : TUYAUTERIE. Jeu de fond de la famille des gambes, de taille moins étroite et à l’harmonisation moins mordante que la Viole de Gambe. Son nom provient du latin salix, car ce jeu aurait pour vocation d’imiter la Flûte de saule.
Septième......... : TUYAUTERIE. Jeu de mutation simple, de la famille des flûtes, produisant la septième harmonique du son fondamental, soit la 21e mineure. La septième correspondant au 8’ est donc construite en 1 1/7’, celle correspondant au 16’ en 2 2/7’.
Dans la facture moderne, certains facteurs introduisent la Septième dans des ensembles composés, mais ces essais restent encore rares.
Sesquialtera... : TUYAUTERIE. Jeu de mutation composé, stricto sensu construit à taille de principal. Il se compose de deux rangées, une Quinte 2 2/3’ et une Tierce 1 3/5’. Habituellement, ce jeu est employé en soliste avec un jeu de fond de 8’. Sa taille principalisée permet parfois de le mélanger au Plenum. Il existe quelques Sesquialteras résultant de 16’ (5 1/3’ + 3 1/5’). Certains facteurs construisent la Sesquialtera de taille approximativement flûtée, proche d’un petit Cornet de II rangs.
Sifflet................ : TUYAUTERIE. Jeu de fond construit en 1’. Il se différencie du Piccolo par une taille plus principalisante.
Solo.................. : 1°) CLAVIER & PLAN SONORE. Dans les instruments romantiques et contemporains, nom parfois donné à un quatrième ou cinquième clavier de l’instrument, composé essentiellement de jeux destinés à sonner en solistes. Il est généralement alimenté à forte pression.
..................................... 2°) LITTÉRATURE. Ce terme est employé pour désigner une pièce dans laquelle un jeu ou un groupe de jeux sont utilisés en solistes pour faire chanter une mélodie sur un accompagnement plus doux.
..................................... 3°) REGISTRATION. Ce terme, adverbialement employé, indique que le jeu indiqué dans la registration doit être employé seul sur le plan sonore correspondant.
Sommier.......... : MÉCANIQUE. Il s’agit là d’une des plus importantes parties de l’instrument. Le sommier se compose d’une grande caisse de bois. Sa forme est parallélépipédique et sa partie supérieure est percée de trous (les perces) sur lesquels sont placés les tuyaux. Convergent vers le sommier d’une part le mouvement des claviers, transmis de manières diverses, et d’autre part l’air venant de la soufflerie, amené vers lui par des porte-vents.
Sa forme et son fonctionnement ont évolué au cours des siècles. De nos jours, la forme de sommier la plus usitée est celle du sommier à gravures et à registres coulissants. En voici les composants, décrits ci-après en partant du bas du sommier jusque vers le haut.
1°) la laye. C’est une boîte rectangulaire qui sert de réservoir général au sommier, alimentée par les porte-vents venus de la soufflerie. Dans sa partie inférieure, rendue étanche par les boursettes, parvient la mécanique des claviers. Dans sa partie supérieure, la laye communique avec chacune des gravures au moyen d’ouvertures rectangulaires, obturées par des soupapes mobiles reliées à la mécanique, et maintenues fermées par un système de ressort. Une touche enfoncée entraîne l’ouverture de la soupape de la gravure correspondante.
2°) la gravure. Cet étroit passage, perpendiculaire à la laye, alimente les tuyaux correspondant à une touche du clavier. Le sommier est divisé en autant de gravures que de notes au clavier par des barres transversales, perpendiculaires au sommier. Dans le cas de certains grands sommiers, les tuyaux de basse sont placés sur deux gravures voisines, dites «doubles gravures», afin d’éviter l’altération du vent. Le nombre total de gravures du sommier est donc augmenté d’autant.
3°) la table. Il s’agit d’une grande planche qui obture toutes les gravures dans leur partie supérieure. Elle est percée de trous correspondant à tous les tuyaux à placer sur le sommier.
4°) les registres. Ces règles de bois perpendiculaires aux gravures, et percées de trous coulissent entre des règles fixes, appelées faux registres, qui les guident. Un registre correspond à une rangée de tuyaux (ou à plusieurs, dans le cas des jeux composés) de même timbre, couvrant toute l’étendue du clavier (ou une partie, dans le cas de demi-registres de basse et ou de dessus). Ces registres sont activés à la console par les tirants ou les boutons de registre. Lorsqu’ils sont tirés, les trous de la table, du registre et de la chape sont en correspondance, et le jeu est «actif» et peut parler, si la soupape d’une note est abaissée. Lorsqu’ils sont repoussés, les trous du registre coulissant ne correspondent plus à ceux de la table et de la chape, qui, ainsi obturés, ne permettent pas au jeu de parler.
5°) les chapes. Il s’agit de planchettes de bois, percées des trous dans l’axe de ceux de la table, recouvrant les registres et les faux-registres. Elles assurent l’étanchéité de l’ensemble et supportent les tuyaux.
En règle générale, si les tuyaux ne sont pas postés, les chapes supportent aussi des faux-sommiers, petites planches percées de larges trous correspondant au diamètre des tuyaux, retenus à une certaine hauteur par des petits pilotes de bois, et destinés à maintenir en position verticale la tuyauterie.
Sonne............... : ACCESSOIRE. Synonyme de Cymbelstern.
Soubasse......... : TUYAUTERIE. Jeu de fond bouché, destiné au plan sonore de Pédale, généralement construit en bois, soit en 16’, soit en 32’.
Soubassement......... : BUFFET. Partie inférieure du buffet, sur lequel se trouve la console (si elle est placée en fenêtre), et dans lequel sont intégrés la soufflerie, et le départ de toutes les transmission de l’instrument. Dans certains cas, le soubassement peut contenir un plan sonore (l’écho) et/ou les sommiers de Pédale.
Soufflerie........ : ALIMENTATION. Cette partie, essentielle dans le fonctionnement de l’instrument, se compose schématiquement des soufflets, du collecteur de vent, et des porte-vents qui amènent l’air sous pression vers les différents sommiers de l’instrument.
Pendant longtemps – et de nos jours encore, dans certains instruments historiques ou copiés de l’ancien – les soufflets furent cunéiformes, à plusieurs plis consolidés par des éclisses, munis de poids fixes, alimentés par une première soupape et s’ouvrant sur un collecteur de vent – un gros porte-vent principal.
Au XIXe siècle, des soufflets cunéiformes furent placés sous un grand réservoir lesté, et doté de plis parallèles et compensé par un système de barres articulées qui maintenaient les tables supérieure et inférieure en position rigoureusement parallèles. De ce réservoir partent les différents porte-vents.
Avec l’électricité, c’est un grand ventilateur, régulé par une boîte à rideau, qui alimente de manière efficace le réservoir.
TTaille................ : 1°) TUYAUTERIE. Terme désignant le diapason dans lequel un jeu peut être construit. Schématiquement, ce rapport entre la longueur d’un tuyau et son diamètre peut être de trois dimensions : large, moyen ou étroit. Dans le cas des tuyaux à bouche, la taille large est flûtée, la moyenne principalisante, et l’étroite gambée.
..................................... 2°) LITTÉRATURE. En France, à l’époque classique, ce terme désigne un registre utilisé en soliste dans la tessiture du Ténor.
Tempérament : ACCORD. Comme tous les instruments à claviers, l’orgue pose le problème de la répartition des tons et des demi-tons à l’intérieur de l’octave, seul intervalle à rester inamovible. Étant donné qu’en règle générale, le nombre de touches à l’intérieur de l’octave est de douze, il est nécessaire d’accomplir des choix. Ce sont de relations mathématiques qui régissent les intervalles séparant les sons. Du tempérament choisi par l’organier dépend la littérature qui se pourra interpréter.
Il convient de poser avant toute chose quelques définitions. Le Comma pythagoricien consiste en la différence entre l’enharmonie Ut – Si# issue d’un cycle de 12 quintes et un intervalle de sept octaves. Le Comma enharmonique consiste entre l’enharmonie Ut – Si # issue d’un cycle de trois tierces majeures et une octave. Le Comma syntonique ou zarlinien est la différence entre les notes le Mi issu d’un cycle de quatre quintes sur Ut et sur une Tirece pure Ut – Mi élargie de deux octaves.
De manière simple, on distingue le tempérament égal et les tempéraments inégaux. Le tempérament égal est utilisé de manière quasi-universelle depuis le XIXe siècle (sauf dans des instruments anciens, ou inspirés ou copiés de l’ancien). Tous les demi-tons sont séparés par un intervalle constant, dans une échelle évidemment logarithmique. Ainsi, les quintes sont très légèrement diminuées par rapport au même intervalle physiquement «juste» (c’est-à-dire dans un rapport de 3/2), les tierces majeures sont augmentées (en comparaison du rapport de 5/4) de même que les demi-tons chromatiques, les tierces mineures, les tons et les demi-tons diatoniques sont diminués. Ainsi le seul intervalle rigoureusement juste est l’octave (dans un rapport de 2/1).
Les tempéraments inégaux sont nombreux, et les recherches en ce domaine sont ouvertes et infinies.
Parmi les tempéraments inégaux les plus courants, on peut distinguer :
1°) le tempérament dit «Pythagoricien» dans lequel onze quintes sur douze sont rigoureusement justes, la dernière étant une «quinte de loup», inutilisable, car diminuée de 1 comma pythagoricien. La plupart des tierces majeures sont augmentées, et les tierces mineures diminuées. Ce tempérament semble être celui qui a eu majoritairement cours au Moyen Age – ce qui peut expliquer que la tierce soit à cette époque le plus souvent considérée comme une dissonance. Une variante en est le tempérament d’Arnault de Zwolle, composé de six quintes pures, de cinq quintes diminuées d’un cinquième de schisma (différence entre le Comma Pythagoricien et le Comma syntonique) et une quinte de loup (Si – Sol b). Ceci permet d’obtenir quatre tierces Majeures parfaitement pures (sur Ré, Mi, La et Si).
2°) le tempérament mésotonique. Huit tierces majeures, placées dans les tons les plus usuels, sont rigoureusement justes (sur Ut, ré, Mi b, Mi, Sol, La Si b) , tous les demi-tons sont légèrement augmentés, et les quintes diminuées, avec une «quinte de loup» très augmentée et inutilisable – en fait une sixte diminuée, placée entre Sol# et Mib. Ce tempérament est celui qui a été employé au XVIe et au XVIIe siècles. Il est ainsi propre à servir toute la musique de Frescobaldi, de Sweelinck, de CabezÓn et de Cabanilles, et peut-être celle de Couperin entre autres. Il est encore préconisé par dom Bedos.
3°) les tempéraments de Werckmeister. Ils étaient destinés à permettre le jeu dans tous les tons, problème couramment soulevé en Allemagne aux XVIIe et XVIIIe siècles. Tout laisse à penser que Bach a pu utiliser tel ou tel de ces tempéraments – en particulier dans le Clavier bien tempéré, ou bien l’un de ceux préconisés par son élève Kirnberger. Selon le tempérament, le nombre de quintes pures oscille entre cinq et huit, et la répartition du comma pythagoricien varie. Ainsi, dans le cas du troisième tempérament de Werckmeister – relativement simple à réaliser -, huit quintes sont pures, et celles sur Ut, Sol, Ré et Si sont diminuées d’un quart de comma pythagoricien
4°) les tempéraments de Kirnberger. Cet élève de Bach a lui aussi proposé divers tempéraments (le deuxième et le troisième étant les plus utilisés). Dans le deuxième, le comma syntonique est également réparti entre les quintes Ré – La et La – Mi, et le schisma sur la quinte Fa # - Ré b. Le troisième tempérament reprend le même schéma général, mais en répartissant le comma syntonique sur les quintes fondées sur Ut, Sol, Ré et La.
5°) le tempérament de Rameau. Une seule quinte (sur La #) est pure. Les quintes sur Ut, Sol, Ré, La, Mi, Si, Fa # sont diminuées d’un quart de comma syntonique, la quinte sur Ut # est diminuée d’un sixième de comma syntonique, celle sur Sol #, augmentée de la moitié de comma syntonique, et les deux quintes restantes (sur Ré # et sur Fa) sont augmentées d’un sixième de comma syntonique. Ce type de tempérament est évidemment propre à mettre en valeur la musique française de XVIIIe siècle. Rameau proposa aussi une version décalée d’un ton vers le bas (dit tempérament de Rameau en Si b).
6°) le tempérament de Valotti. Six quintes sont rigoureusement justes et les six autres (sur Ut, Sol, Ré, La, Mi et Si ) sont diminuées d’un sixième de comma pythagoricien. Il paraît adapté à la musique italienne du XVIIe siècle.
Terzian............. : TUYAUTERIE. Jeu de mutation composée, de la famille des principaux, composé de deux rangées de tuyaux : une Tierce et une petite Quinte. La Terzian s’emploie généralement en mélange creux soliste, avec un jeu de fond doux de 8’. Ce mélange, qui renforce la fondamentale, est moins péremptoire l’équivalent avec la Sesquialtera, qui renforce la deuxième harmonique (l’octave).
Tierce............... : TUYAUTERIE. Jeu de mutation simple, construit en étoffe ou en plomb, de taille large, sonnant à la dix-septième de la fondamentale – c’est l’harmonique n° 5 du son fondamental. Il se construit en 1 3/5’ pour le 8’ et prend le nom de «Grande Tierce» ou – abusivement de «Grosse Tierce» de 3 1/5’ s’il résulte de 16’. Dans les orgues anciennes (jusqu’au début du XVIIe siècle), la tierce était construite aussi en étain et à taille de principal et pouvait entrer dans le Plein-jeu. Dans ce cas le terme de «Grosse Tierce» désignait un jeu de 1 3/5’, mais construit en étoffe et de large taille, en opposition avec la Tierce de menue taille.
Tirant............... : TRANSMISSION. Le Tirant de registre, sommé par un bouton, est un morceau de bois de section carrée ou circulaire qui actionne au sommier, au moyen d’un système de leviers, le registre coulissant correspondant et permet ainsi de sélectionner les timbres que l’interprète entend utiliser.
Tirasse............. : MÉCANIQUE. Nom d’un mécanisme intérieur de l’orgue, mû à la console par une pédale à bloquer ou par un tirant de registre, qui permet d’accoupler un clavier manuel sur le clavier de Pédales. Elle est généralement construite sur le système de l’accouplement à balanciers. On dit aussi – dans les petits instruments – d’un pédalier qu’il est «en tirasse» lorsqu’il n’est pas doté de jeux indépendants et en permanence relié au ou à l’un des claviers manuels.
Tourelle........... : BUFFET. Espèce de tour qui, sur la façade d’un orgue, est destinée à contenir les tuyaux les plus grands. Contrairement à la plate-face, qui reste dans l’alignement du buffet, la tourelle fait saillie. On distingue les tourelles en tiers-point, de forme triangulaire, et les tourelles en arc de cercle. Plus rarement, certaines tourelles peuvent être de plan rectangulaire, constituant en quelque sorte des plates-faces en saillie.
Transmission. : MÉCANIQUE. Ensemble des mécanismes qui ont pour rôle de transmettre un mouvement à une autre partie de la mécanique. On distingue en général la transmission des claviers et celle des registres.
En ce qui concerne la transmission du mouvement des claviers, elle peut être mécanique, pneumatique ou électrique. Dans le cas d’une transmission mécanique, elle peut être soit «suspendue», soit «à bascules». Dans le premier cas, la touche est axée en queue (donc APRES la vergette de transmission) et, au moyen de vergettes et éventuellement d’un abrégé, transmet directement à la soupape le mouvement impulsé par l’organiste. Dans le second, la touche est axée au milieu (donc AVANT la vergette de transmission), et le mouvement doit être rétabli dans le sens d’origine par un balancier avant d’atteindre la soupape (avant ou après l’éventuel abrégé).
Tremblant....... : ACCESSOIRE. Nom d’un accessoire dont l’effet consiste à faire parvenir par secousses l’air dans la laye, ce qui entraîne un «tremblement» du son produit, puisque les tuyaux ne sont alimentés que de façon intermittente et saccadée. Le tremblant doux est constitué par une seule soupape placée à l’intérieur du grand porte-vent, munie d’un poids et d’un ressort. Le tremblant fort est constitué de deux soupapes agissant en sens opposé, sur le porte-vent.
Trémolo........... : Synonyme de Tremblant, depuis le XIXe siècle.
Trompette....... : TUYAUTERIE. Jeu à anches battantes. Sa sonorité est éclatante. Les corps sonores, construits en règle générale en étain, sont de forme conique et de longueur réelle. Le diapason selon lequel on construit ce jeu influence son éclat. En France, la Bombarde est une Trompette de 16’, le Clairon, une Trompette de 4’. Au XIXe et au XXe siècles, on construit parfois des Trompettes harmoniques, dont les tuyaux de dessus ont une longueur double de la longueur nominale, ce qui leur permet d’être plus sonores.
Tuba................. : TUYAUTERIE. Sorte de Trompette de très large taille, très sonore.
Tuyau............... : Organe de base d’un orgue. On distingue deux familles de tuyaux, en fonction de la production du son : les tuyaux à embouchure de flûte – dans lesquels la longueur du tuyau est la condition de la hauteur du son – et les tuyaux d’anche – dans lesquels c’est la taille de la languette contenue dans le noyau qui conditionne cette hauteur, le cors sonore n’ayant pour fonction que de former le timbre et la puissance du son.
Tuyautier........ : Artisan qui fabrique des tuyaux d’orgues. Certains sont des employés de facteurs d’orgues, d’autres travaillent à leur compte et fournissent la tuyauterie en métal pour d’autres facteurs d’orgues.
U Unda Maris.... : TUYAUTERIE. Jeu de fond, construit en dessus du deuxième Ut, d’une taille comparable à celle du Salicional. Il est accordé légèrement au-dessus de ce jeu, ce qui crée des battements, comparables à ceux de la Voix céleste, moins rapides cependant que dans ce derniers jeu. V Vergette........... : TRANSMISSION. Les vergettes sont des petites tringles de bois de chêne ou de sapin - ou plus rarement de métal – qui transmettent le mouvement du clavier, soit directement à la soupape, soit à l’abrégé, soit de l’abrégé à la soupape.Viole degambe : 1°) TUYAUTERIE. Anciennement (en particulier dans la facture nordique, au XVIIe siècle), il s’agissait d’un jeu d’anches douce, à la sonorité quelque peu nasillarde, à rattacher à la famille des régales.
..................................... 2°) TUYAUTERIE. Jeu de fond, construit en étain, de menue ou très menue taille. Son émission, tardive, est généralement facilitée par des oreilles et/ ou un frein harmonique. Sa sonorité est douce mais assez mordante. Jusque vers le milieu du XIXe siècle, les jeux gambés entrent dans le fond d’orgue. A partir de cette époque, ils deviennent plus suaves et gagnent un statut de jeu soliste – ce qui ne leur interdit pas l’intégration au fond d’orgue.
Violoncelle..... : TUYAUTERIE. Jeu de fond. Il s’agit d’un jeu de la famille des gambes, construit néanmoins sur un diapason moins étroit. Le Violoncelle est plus présent que la Gambe et le Salicional. A la pédale, il s’agit souvent d’un jeu intermédiaire entre le Principal et la Gambe.
Voce Umana.. : TUYAUTERIE. Jeu de fond. Dans la facture italienne traditionnelle, il s’agit d’un dessus de Principal, légèrement désaccordé, afin de créer des battements avec le Principal 8’ auquel on le marie. Ce mélange est utilisé dans les Toccate per l’Elevazione. Néanmoins, dans la facture romaine traditionnelle – et donc, a priori, pour servir Frescobaldi, ce jeu n’était pas présent. Il était généralement remplacé par le Principal agrémenté du Tremblant.
Voix céleste.... : TUYAUTERIE. Jeu de fond. Il s’agit d’un jeu de Gambe, de taille plus menue que celle-ci toutefois, construit en dessus d’Ut 2. Il est accordé très légèrement plus haut que la Gambe à laquelle on le marie, afin de créer des battements. Charles Mutin précise le nombre des battements sur toute l’étendue du clavier : d’Ut 2 à Ut 3 : 2 battements, d’Ut 3 à Ut 4 : 4 battements, au-dessus : 6 battements. Il arrive que le nom de «Voix céleste» soit appliqué à un jeu de fond composé, constitué de plusieurs rangs de tuyaux : un rang de gambe et un ou plusieurs rangs gambés désaccordés.
Voix humaine : TUYAUTERIE. Jeu à anche battante, à corps courts, à rattacher à la famille des régales. La facture des corps sonores est très variable d’un organier à l’autre : soit des tuyaux cylindriques, à demi-bouchés, soit un très court tuyau cylindrique surmonté de deux cônes renversés. Elle est –sauf cas exceptionnel précisé par le compositeur - utilisée avec le tremblant doux. En France, à l’époque classique et baroque, elle était placée le plus souvent au Grand Orgue, ou éventuellement au Positif. Depuis le XIXe siècle, elle est placée au clavier de Récit.
Jean Mercier Ce texte est publié sur la Site avec l’autorisation de son auteur.