Présentation du Grand Orgue

               Grand Orgue 
     de la Cathédrale
Saint-Just-Saint-Pasteur 
              de Narbonne

            Aude 11
cathedrale


(    
                                         


La cathédrale restant inachevée (elle n'a pas de nef), l'orgue est accroché au mur qui clôt le choeur, et surplombe les stalles.
 

L'imposant buffet (hauteur = 23 m, largeur = 12 m, le tout à 14 m du sol) est certainement l'un des plus beaux du XVIIIe français. 

Historique :
 
1493 :              
Orgue gothique de PETIT, placé sur un jubé

XVIe-XVIIe :
Réparations et agrandissements

1697-1701 :    
Restauration par
DE JOYEUSE et LESCLOP (IV,P,47 jeux)

1727 :              
Incendie du chœur, destruction des stalles, et de l'orgue
 

1739-1741 :     
Construction de l'orgue actuel par Christophe MOUCHEREL
 originaire de Toul. L'orgue compte alors 48 jeux (dont 14 anches)
 répartis sur 4 claviers et un pédalier. Malheureusement, la mécanique
 n'est pas aussi parfaite que les lignes du buffet. Et l'orgue présente
 rapidement des insuffisances d'alimentation et beaucoup  de dureté
dans la transmission. 
D'où :


1766-1770 :     
Reconstruction quasi-totale de l'instrument par
Jean-François L'EPINE 
  (IV,P,47 jeux)
 

1793 :              
Quelques airs patriotiques ont permis de sauver l'Orgue de la destruction !
   
1
844 :               
Reconstruction romantique par Zeiger de Lyon (
III,P,39 jeux) 
L'orgue devient vite injouable.


1856-1858 :     
Reconstruction par
Théodore PUGET (III,P,42 jeux)

1910

Incendie de l'orgue de chœur. Comme on peut le voir sur la photo 

ci dessous les tuyaux de montres ont disparu, la voute de l'église est

noircie par l'incendie.
Cependant on parvient à sauver les stalles et le grand-orgue. 
Mais ce dernier a beaucoup souffert de la chaleur... 
Création de l'Association les "Amis de l'Orgue de Saint Just,
pour aider à la restauration du grand Orgue.



1927 :             
Reconstruction moderne. L'orgue attire alors les plus grands :
Dupré, Cellier,  Bonnet... 
Il tombe ensuite dans l'oubli.

                                               Gravure réalisée en 1928

 

1982-1993 :    
Restauration
par Bertyl SOUTOUL de Nîmes. 

 2001 :           
L’Association des « Amis des Orgues de Narbonne » finance intégralement     
l’installation sur l’orgue d’un combinateur.

 

 

 

  vue du combinateur
 

Composition de l'instrument actuel :
 
4 claviers, pédalier, 67 jeux 

I : Positif de dos  
56 notes (C-g''')
II : Grand Orgue  
56 notes (C-g''')
III : Positif expressif 
56 notes (C-g''')
IV : Récit expressif 
56 notes (C-g''')
Pédale 
30 notes (C-f')
         
Montre 8' Montre 16' Bourdon 8' Bourdon 16' Principal 16'
Bourdon 8' Bourdon 16' Salicional 8' Flûte harmonique 8' Bourdon 16'
Prestant 4' Montre 8' Unda Maris 8' Gambe 8' Flûte 16'
Flûte 4' Bourdon 8' Flûte 4' Voix Céleste 8' Quinte 10'2/3
Nazard 2'2/3 Flûte harmonique 8' Nazard 2'2/3 Flûte 4' Principal 8'
Doublette 2' Salicional 8' Doublette 2' Octavin 2' Bourdon 8'
Quarte de Nazard 2' Prestant 4' Tierce 1'3/5 Cornet V Flûte 8'
Tierce 1'3/5 Flûte 4' Plein-Jeu II-IV Bombarde 16' Principal 4'
Larigot 1'1/3 Grosse Tierce 3'1/5 Trompette 8' Trompette 8' Flûte 4'
Fourniture III Doublette 2' Clairon 4' Clairon 4' Contre Bombarde 32'
Cymbale III Piccolo 1' Musette 8' Voix Humaine 8' Bombarde 16'
Trompette 8' Cornet V   Basson-Hautbois 8' Trompette 8'
Clairon 4'  Fourniture V     Clairon 4'
Cromorne 8' Cymbale IV      
  Bombarde 16'      
  Trompette 8'      
  Clairon 4'      

 

Transmission électrique
 
Accouplements et Combinaisons :
Accouplements : I/II, III/II, IV/II, IV/III, III/I, IV/I, IV/II en 16, IV/IV en 16
Tirasses : I, II, III, IV Pédales d'expression III et IV
Pédale de crescendo
 
Tremblants réglables I et IV Appels d'anches : I, II, III, IV, Ped
 
Dominos basculants aux manuels et pistons aux pieds, réversibles 

  Pédalier orgue st Just
Combinateur numérique
 
Tuyaux de Moucherel, L'Epine, Zeiger, Puget et Soutoul (31 jeux classés)
 
    Malgré toutes ces vicissitudes, on peut admirer aujourd'hui un splendide buffet et, je pense, un instrument à la hauteur de celui-ci.
 
Sources : 


 





L’orgue & ses éléments.


 L’orgue à tuyaux est le plus ancien des instruments mécaniques de musique. Inventé en 246 Av. J.-C. par Ktésibios, grec d’Alexandrie, il fut utilisé au début dans le cirque, les palais impériaux et au cours des cérémonies religieuses païennes.

 En 757, L’empereur de Byzance, Constantin V Copronime, offre un orgue à Pépin le Bref qui le place dans son palais à Compiègne. En 826, Georges, moine et prêtre de Venise, construit un orgue pour Louis le Pieux qui le place dans la Cathédrale d’Aix-la-Chapelle. En 872, le pape Jean VIII commande un orgue. L’orgue pénètre dans l’église: Cathédrales, monastères, chapelles...

 On distingue alors trois sortes d’orgues:  

-L’ORGUE PORTATIF à deux rangs de tuyaux, porté par une seule personne, surtout utilisé pour les fêtes. 

 -LE POSITIF de table (ou parfois posé sur le sol), à trois rangs de tuyaux, déplaçable par plusieurs personnes, qui sert souvent à accompagner le chant d’église.  

-LE GRAND ORGUE, comportant plusieurs soufflets (jusqu’à 12 !), plusieurs séries de tuyaux rangés sur un sommier placé derrière la façade; celle-ci est ornée des grands tuyaux de montre. Depuis l’antiquité, l’instrument a été perfectionné pour aboutir aux orgues actuelles très complexes, Le grand orgue de la Cathédrale de Narbonne a été construit en 1739-1741 par Christophe MOUCHEREL; restauré en 1766 par Jean-François LEPINE, en 1844 par Augustin ZELGER; transformé en 1856 par Théodore PUGET, en 1925-1927 par Maurice PUGET; restauré en 1984-1990 (1° tranche) par Bertyl SOUTOUL. 

Il comporte 4 claviers manuels (56 touches) et 1 pédalier (30 touches). La transmission du mouvement des touches aux soupapes et des tirants de jeux aux registres est électrique (électro-aimants de 24 volts). La soufflerie est alimentée par un ventilateur électrique. 

C’est un très grand instrument, très complexe. 

Pour comprendre les éléments et le fonctionnement de l’orgue, un instrument simple (1 clavier, 1 pédalier) a été choisi: Celui de West- Cappel (Région Nord). 

- LE BUFFET (celui de Narbonne) est un meuble de bois souvent sculpté, comportant presque toujours des tuyaux en façade   
-       LA SOUFFLERIE et le VENT
                                (‘les poumons de l’instrument”!)
 
-      LA CONSOLE (Claviers, pédalier, tirant de registres...)
                                (“Le cerveau de l’instrument”!)
 -    
-  
LA TRANSMISSION (mécanique) avec vergettes de bois.
                               (“Les muscles et les os de l’instrument”!)

 -     LE SOMMIER qui porte les tuyaux (avec registres coulissants).
                                 (“La gorge de l’instrument”!)
 
-   Les TUYAUX (leurs  sonorités et leurs formes variées).               
                     
(“Les cordes  vocales de l’instrument”!)



LA CONSOLE. C’est le poste de commandement de l’orgue. Il comporte l’ensemble des claviers, tirants de jeux, pédales d’accouplements, de tirasses, de combinaisons, pédales ou dominos basculants divers, etc. .. Il y a deux sortes de console: La console en fenêtre est située dans le soubassement de l’orgue, derrière le positif de dos. L’organiste fait face à l’orgue. La console en commode est séparée du buffet d’orgue qui se trouve derrière l’organiste. (Système plus récent) Chaque clavier porte un nom (en commençant par le plus bas):Positif de dos, grand orgue, bombarde, (éventuellement) positif de poitrine, Récit, écho. etc.: Suivant le nombre de claviers.


LA TRANSMISSION.      Différents systèmes transmettent le mouvement de la touche (du clavier manuel ou du pédalier> à la soupape dans le sommier. Ces systèmes sont mécaniques, pneumatiques ou électriques. (parfois mélangés) Le système Mécanique utilise vergettes, pilotes, équerres, abrégéLes vergettes sont des lamelles de bois flexibles et minces transmettant le mouvement de traction parfois sur une grande longueur. Leurs extrémités sont liées à une tige filetée avec écrou de cuir. Un peigne évite les frottements latéraux.Les pilotes sont des petites tringles de bois cylindriques et rigides transmettant le mouvement de poussée.Les équerres transmettent le mouvement è angle droit.L’abrégé est un système de rouleaux parallèles fixés sur un trapèze qui transmet le mouvement du clavier au sommier est plus large. Il réduit, ‘abrège”, la longueur du sommier è celle du clavier.Les tirants de jeux communiquent leur mouvement par des équerres et des pilotes tournants. Une pédale ‘expressive” permet parfois de fermer ou d’ouvrir des jalousies enfermant les tuyaux d’un clavier, souvent le récit.Beaucoup d’organistes préfèrent le ‘toucher mécanique” à cause de la “sensation” de la soupape... Le système pneumatique a été inventé en 1840 par Charles Barker pour alléger la résistance des claviers (touche à plusieurs soupapes). Un relais pneumatique est situé entre chaque touche et as soupape; C’est un petit soufflet cunéiforme, commandé par la touche du clavier et alimenté par un vent sous forte pression, qui peut s’ouvrir ou se fermer avec rapidité et force.Parfois même la transmission se fait intégralement par un tube à air comprimé qui actionne un petit soufflet tirant la soupape.La machine Barker (ensemble des relais pneumatiques) ou le système tubulaire permettent un toucher souple des claviers, mais provoquent un léger décalage entre l’organiste et le début du son.Ce système n’est plus très utilisé.

La transmission électrique se fait par contact électrique au clavier et électro—aimant puissant tirant la soupape. La transmission est instantanée. Ce système est utilisé dans les très grands instru­ments. De plus il y a possibilité de combinaisons multiples dans l’utilisation des jeux. Mais il n’y a pas la sensation de la soupape. L’ordinateur  permettra  peut-étre de palter ce défaut...




LE SOMMIER.         Le sommier est l’élément le plus complexe de l’orgue. Ressemblant à une caisse plate rectangulaire, il permet de faire parler le tuyau correspondant à la note et à la sonorité choisie. Il comprend trois parties : 
 La LAYE où arrive l’air de la soufflerie. A l’intérieur se trouve les ressorts qui appliquent les soupapes (une par touche de clavier) contre le plafond de la laye et bouchent les ouvertures vers la gravure. Les soupapes peuvent être abaissées par des tiges de fer qui traversent le plancher de la laye et sont reliées aux touches des claviers. Les boursettes entourent les tiges et évitent les fuites d’air. La laye alimente les gravures. 
Les GRAVURES, situées au dessus de la laye, sont délimitées par des barres de bois parallèles et perpendiculaires à la laye, sur la largeur du sommier. Chaque gravure correspond à une seule touche du clavier et alimente tous les tuyaux placés au dessus d’elle. Les gravures et la laye sont rendues étanches par encollage de parchemins. 
Le DESSUS du sommier. Sur les gravures se trouve la TABLE percée de trous (1 par tuyau). Sur la table sont fixées, perpendiculairement aux gravures, des règles de bois (faux registres ou registres dormants) entre lesquelles coulissent des règles de bois plus larges, REGISTRES coulissants, percés de trous (un trou par gravure et par touche de clavier). Le registre permet aux tuyaux de même série sonore de parler Il y a autant de registres que de Jeux au clavier. Au dessus des registres et des faux registres, la CHAPE, percée de trous comme la table soutient les tuyaux et assure l’étanchéité du sommier. A une quinzaine de cm. au dessus de la chape, une série de planches, percées de trous (plus grands) comme la chape, le FAUX SOMMIER permet de tenir les tuyaux verticalement. Fonctionnement du Sommier: La laye apporte le vent; la touche du clavier tire la soupape qui, ouverte, alimente la gravure. Le tirant de jeu de la console déplace le registre pour placer ses trous en face de ceux de la table. Le vent sort de la gravure et pénètre dans le tuyau qui émet un son. Il y a généralement au moins un sommier par clavier, parfois deux ou quatre suivant l’importance de l’orgue…