Historique

La chapelle préromane Saint-Laurent

de Moussan

 

 

Ce monument est établi sur l'ancienne villa gallo-romaine de Trencianum dont des spolia sont inclus dans ses murs (tympan de l’entrée principale). Puis, le site fut probablement occupé par des « Hispani », ces Wisigoths, chassés d’Espagne par les invasions arabes et qui furent accueillis dans le Midi. C’est alors que dut être construit un premier édifice. Sur l’origine de ce monument, on ne peut que regretter l’absence de documents. Ces derniers apparaissent plus tardivement. La première mention connue pour le moment date de 1128. St-Laurent dépend alors de l’église paroissiale St-Marcel de Moussan, puis, en 1304, passe en possession du chapitre de la cathédrale de Narbonne dont elle restera la propriété jusqu’à la révolution. Ceci donnant lieu à d’âpres récriminations de la part des Moussanais.

 

 

            Un compoix local rédigé en 1600 parle d’un « mouniélou », c’est-à-dire d’une petite communauté de religieux. En 1634, un accord entre les députés du chapitre cathédral de Narbonne et deux représentants locaux fait reconnaître à ces derniers l’appartenance de la chapelle aux chanoines narbonnais. En 1763, elle figure sur une carte du diocèse de Narbonne avec la mention « hermitage » (sic). Le dernier ermite disparaît au début du XIXe s. La chapelle étant abandonnée à la mort de celui-ci, le toit de l’édifice s’effondre, la végétation envahit l’enceinte et sa façade surmontée d’un campanile ne résistera pas, au début de la deuxième guerre mondiale, aux assauts d’une tempête hivernale.

 

          

                L’édifice actuel est constitué d’une nef et d’un avant-chœur surélevé d’une marche. Seul, le sanctuaire possède une voûte en berceau. Ce sanctuaire à chevet carré est édifié en appareil irrégulier noyé dans un mortier de chaux. Il est percé de deux fenêtres « meurtrières » à ébrasement intérieur. L’une dans l’axe est et l’autre dans le mur sud. Ce sont les seules ouvertures qui devaient exister à l’origine avec la porte méridionale. La façade occidentale est entièrement restituée. Son tympan-linteau, ancien seuil d’une porte d’époque romaine est taillé dans un bloc de marbre blanc ; il provient peut-être, de la villa gallo-romaine voisine de Trencianum ; il a été retrouvé par hasard au cours des labours dans une vigne et replacé au dessus de l’entrée principale actuelle de l’édifice, sans doute ouverte ultérieurement (XIIe s.).

 

 

 

            L’élément les plus intéressant de ce monument est son arc triomphal outrepassé (en fer à cheval), construit dans la tradition wisigothique. Il repose, de part et d’autre, sur deux impostes moulurées carolingiennes, qui couronnent les piédroits. Toutes ces caractéristiques permettent de dater cet édifice du IXe siècle et font de ce dernier un des rares exemplaires d’architecture préromane de tradition wisigothique en Languedoc.